On pourrait juste comme ça, juste pour sourire, laisser vagabonder notre esprit. Sur fond d'accordéon tant qu'à faire (ou de violon, de guitare, d'harmonica). On pourrait imaginer des rues pavées, une course poursuite avec le métro, des études qui nous passionnent, une soif d'indépendance, passer du temps avec des amis, être ivre de bonheur, juste pour voir comment c'est. Juste retrouver un coin d'herbe et deux gouttes d'eau place des terreaux. Parler avec les gens qu'on aime, rompre avec le quotidien, fumer le cigare et voir des films en noirs et blancs, aller dans un café théâtre avant de s'engouffrer au chaud dans un appartement bien douillet. On pourrait prendre aussi notre sac de rando, abandonner les chignons bien serrés, les ballerines, les feuilles de cours, et aller voir ce qui se passer du côté des montagnes, les alpes pourquoi pas. On peut être plus évasif, les Andes ou quelque part en Afrique... pourquoi pas. On pourrait être amoureux, avoir un chien qui nous suive, on se doucherait pour de vrai surement pas souvent, mais on pourrait se lever avec le soleil, quitter notre confort quotidien pour se confronter à une autre réalité, ouvrir notre esprit trop étroit à d'autres horizons. Des paysages à perte de vue, grimper à s'en casser les doigts, se jeter dans le vide, faire le plein d'oxygène, se sentir utile. On pourrait rêver tous les jours, toutes les nuits, y croire. Prendre le train, en fourgon, passeport en poches, les poches remplies d'optimisme et d'espoir. Mettre tout en ½uvre bien qu'éc½uré de ce monde si difficile à cerner, de cette vie criblée d'injustices. On peut aussi fermer les yeux. Partir en famille faire du ski, la piste violette avec la vache Milka qui distribue du chocolat, mourir de rire, passer dans les rues enneigées en quête de tartiflette, faire une bataille de boules de neiges, faire ses courses au sherpa du coin, admirer les sapins et autres. On pourrait aussi souffler, respirer l'air marin, hurler, être au coin d'un feu, lire un bon bouquin, être prise de sommeil. Satisfaire ses envies, revenir aux sources (un tout p'tit peu), rechercher ce qui donnerait un sens à nos vies,un but, ne pas regarder notre vie s'enliser dans le quotidien comme ça, ne plus se préoccuper du regard d'autrui, ne plus s'enfouir au fin fond de la fourrure du lapin sorti du chapeau haut de forme de l'univers parce que c'est plus réaliste, plus pratique, plus... je ne sais pas. On pourrait faire tout ça. On pourrait... On pourrait avoir l'impression de constamment rêver naïvement (oui mais en même si personne n'y croit plus), de ne jamais agir, et de passer perpétuellement à côté de l'essentiel. On pourrait craquer pour de vrai, pleurer hurler courir sans raison,... au fond qui comprendrait ?
Un bordel affligeant, une course poursuite à la recherche de soi même, comprendre désespérément.. Je dis de la merde. "Appeler chaque chose par son vrai nom. Par son vrai nom! Le bonheur n'existe vraiment que s'il est partagé..."